#MeToo Inspirations

Mes yeux sont tombé hier soir sur ce message Facebook du statut d’une de mes amis.

Me too

 

 

 

 

 

Juste après mes yeux ont fui.

Mais mon cœur me disait d’y revenir. Parce qu’ il avait des choses à me faire expérimenter.

S’en est suivi une flopée d’émotions :

Surprise : Oh mince… elle aussi !

Déception et tristesse : oh merde, elle aussi…

Compassion : elle aussi !

Colère et Espoir : moi et elle aussi l’avons vécu. Nous ne sommes pas seules et il est temps que cela cesse.

 

Les souvenirs reviennent. Je me souviens parfaitement et très clairement de ce moment où cet homme a cru qu’il pouvait faire n’importe quoi avec mon corps. Heureusement, il n’était pas resté longtemps, je l’avais fait fuir. Mais quand même. Le mal était fait. La peur s’est cristallisée. Mais surtout l’incompréhension.

J’avais l’impression que l’on m’avait annoncé un cancer… ces choses que l’on pense que ça arrive qu’aux autres. Oui ça m’était bien arrivé.

Je me souviens de ce matin, du lendemain, où je m’étais réveillé. Ces quelques minutes où je ne me rappelais plus de rien. Où j’étais encore dans la joie de cette insouciance, dans cette ignorance que ces choses si horribles existent.

Quelques minutes plus tard, je me rappelle. Et là ça a fait mal. Très mal…

Je me douche et me douche pour enlever la saleté qui ne s’enlève pas. Car elle est psychologique et subtile bien plus que physique.

J’ai des éraflures sur le visage. Mon genou est déboîté.

Car je me suis débattu. Bien sûr, je ne me suis pas laissé faire… J’entend encore les voix de ma colère :

Salopard !

En écrivant, je me rend compte que la colère est encore là. En colère contre lui et contre moi (oui…), qui me suis mis en danger.

Qui pensait qu’il était possible dans ce monde de marcher seule sur une plage au Pérou.

 

Était-ce de ma faute ?

Je vous jure que j’y ai cru… pendant longtemps. J’ai pensé que c’était de ma faute. Comme si je n’avais pas eu assez mal il fallait que je m’en rajoute en me disait que c’était de ma faute.

C’est ce que certains disent non ? Sur cette Terre ? Que certaines femmes le méritent ?

Et bien j’avais ce discours en moi.

 

Ça m’a brisé

J’avais 25 ans. Je débutais ma vie de femme et oui, ça m’a brisé. Je crois que je n’ai plus jamais pleinement fait confiance aux hommes après. Mes ex s’en rappellent.

Je me suis faite accompagnée, bien sûr. J’ai vécu beaucoup de guérison.

Et pourtant ce qui me guérit le plus, c’est de voir ces messages sur Facebook, et ma propre compassion que je m’envoie. À cette femme blessée, en moi. encore prise dans son incompréhension… une incompréhension profonde que cela EXISTE.

Alors j’envoie de l’amour à cette violence, à ces parties de moi encore blessées et détruites.

Beaucoup d’amour.

Beaucoup d’amour aussi à ces hommes ou femmes qui ont utilisé cette violence. Ils doivent aussi être en chemin de guérison quelque part…

Je prie. Je prie pour notre guérison.

Sortir de la honte

Pourquoi on est si peu à en parler ? Moi, si je n’en ai pas parlé beaucoup, c’est que j’avais honte. J’avais honte.

Je voyais aussi la réaction des gens à qui je le disais. Ça faisait mal de le dire, ça faisait mal de le lire, ça faisait mal de l’entendre.

Alors, par pure protection, on se tait. Et puis, selon les contextes, c’est plus ou moins accueilli selon le cheminement de chaque Être.

 

Aujourd’hui je choisi de me libérer

Je choisi de me libérer du silence car je sens à quel point il est temps de se guérir, homme et femme, pour mettre au monde d’autres rapports humains.

Aujourd’hui, je prie pour tous les blessés, victimes d’harcèlement ou d’agressions sexuelles.

 

Je vous fais une invitation : réunissons-nous, en cercle de soutien et de partage.

On est pas obligé de faire ce chemin seul…

 


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