. J’en peux plus de toi

– Quoi ? Mais pourquoi ?

. Parce que j’en peux plus ! J’ai atteint mes limites.

.  …

 

J’ai observé dernièrement, en moi et chez les autres, le jeu des blessures en relation. Quand on y porte attention, on se rend compte avec effroi que nos relations peuvent être commandées de 60% à 80% par nos blessures et nos souffrances. C’est effrayant… ou beau, mais moi ça m’effraie souvent…

Parfois je me dis que ça ne sert même plus à rien de continuer d’être en relation… car le jeu des blessures est, bien sûr, souvent inconscient et pernicieux. La blessure ne veut pas tant se révéler et préfère garder son royaume.

Des valets-croyances, des reines-émotions et des rois-pensées qui nourrissent notre vie intérieure.

Tout ce petit monde se fracasse en relation, un peu comme les grandes guerres du moyen âge où chacun veut défendre son territoire et crie fort pour faire peur à l’autre.

On peut jouer longtemps au jeu des blessures, à jouer au chat et à la souris, à s’activer nos blessures d’abandon, de rejet, d’humiliation, de trahison sans que nous en prenions vraiment conscience. Des croyances, des pensées et des émotions ça peut crier très fort…

Alors comment faire ?

Le repli, le recul est nécessairement salutaire. Peut-être… se replier, accepter la défaite, accepter l’attaque, accepter la retraite de nos troupes pour sonder nos capitaines intérieurs. Les vrais. Ceux qui savent que tout ceci a été orchestré pour guérir. Parfois… si c’est prêt.

Guérir une bonne fois pour toute de toutes ces blessures qui nous empêchent d’être heureux en relation et d’être dans notre plein pouvoir ! Avoir le pouvoir sur l’autre est une illusion qui nourrit la forteresse et les grandes guerres moyenâgeuses.

Et puis attention, parfois oui, je vous l’avoue avec joie. J’aime plonger encore dans mes grandes guerres moyenâgeuses. Juste pour y voir se déployer tout mon théâtre intérieur, l’admirer (après-tout c’est ma création !), faire rire mon enfant intérieur comme si je lui offrais un spectacle de marionnette… et revenir à la Source. À ces blessures si belles, si colorées… que j’ai créé, moi aussi.

J’accepte. Je baisse les armes devant tant de beauté de création. Je remercie l’autre acteur/réalisateur de la création de ce long-métrage qui en dit long sur notre créativité.

C’est à ce moment là que je me nourris de gratitude et que je me laisse Être.

Respirer, inspirer…

Juste inspirer, respirer.

C’est tout.

Aurélie, avec la complicité de nos blessures 😉 xx