J’ai longtemps cherché à atteindre un idéal féminin. Un idéal construit d’attentes et d’interprétation, en espérant dans le creux de mon coeur, d’être aimé. Arrivée à 34 ans je me rend compte que je me suis trompé. Je ne serai pas aimé parce que je suis parfaite.

Je serai aimée. Point.

 

J’ai trop souffert d’être une femme

J’ai d’abord été la petite fille parfaite : qui reste discrète, qui ne fait aucune bêtise, qui obéit, qui sourit, qui est polie.

J’ai ensuite été l’amante parfaite, qui  sourit, qui rit même quand elle n’en a pas envie.

J’ai ensuite été la copine parfaite, qui gardent les secrets, ne trahit jamais, reste fidèle, aide son prochain…

J’ai aussi été la femme active parfaite, professionnelle jusqu’au bout des ongles, productive, ultra-présente et impliquée.

Ayant ensuite poursuivie une quête spirituelle, je suis, bien sûr, devenue l’apprentie spirituel parfaite.

La seule étape de ma vie qui n’a pas été teintée de cette fausse perfection a été mon adolescence où j’en ai voulu à la Terre entière. Encore que je vous dirai que j’ai quand même réussi à contenir ce feu à l’intérieur de moi et à le transformer en de multiples projets. High five à moi-même pour cela ! À cette époque, je vivais en France où il était commun pour moi de me faire insultée de salope dans les rues quand je mettais une jupe. Juste une jupe.

J’ai souffert d’être une femme. Plus d’une fois. Enfant, adolescente, jeune femme et adulte.

J’ai souffert de ne pas pouvoir être la femme que je suis déjà et qui voulait être. Une femme joyeuse, fière de ses rondeurs, amusée de ses cycles, confiante en son intuition. Cette femme, je la fais émerger, petit à petit, une guérison à la fois. Vous pouvez la voir quand je danse, quand je me sens en sécurité, quand je m’amuse à danser sous la pluie ou que je m’amuse à danser avec mon chat.

J’ai développé une méfiance énorme envers les hommes qui devenaient des êtres dangereux qui allaient mettre en péril mon intégrité de femme.

Cette méfiance est encore là, telle une forteresse, qui parfois, laisse rentrer quelques chevaliers. C’est à ces moments là que je me rappelle qu’il est bon d’être à deux. Qu’il est bon de jouer avec l’autre et d’être pleinement femme pour voir… l’homme. Simplement… être.

 

C’est quoi être une femme ? 

Il est tellement difficile d’être une femme dans nos sociétés aujourd’hui qui valorise tellement tout ce que je ne suis pas… dans mon essence féminine.

Le mot menstruation est si peu nommé que l’on a trop souvent l’impression de dire une insulte quand on le prononce. Le mot vagin est de la même veine… Vagin, menstruation, utérus….

Qui suis-je en tant que femme ?

Je suis vague, mouvement, fluidité, profondément cyclique et terrienne.

Je suis multiple, 4 femmes qui dansent au creux de mon utérus.

Je me souviens de mon père, me disant dans l’auto, alors que je me confiais à lui : « ah vous les femmes vous êtes cycliques hein ! en rigolant… en se moquant…

Quel drame de dire ceci à une jeune femme qui éclot, qui comprend qu’elle n’est pas accueillie et bienvenue dans ce monde d’homme qui ne comprend pas qui elle est (ni elle d’ailleurs, personne ne m’avait expliqué).

Je me souviens de ce garçon que j’osais défier dans la cour de récré et qui me nomme telle un chevalier de pacotille bondissant son épée de carton comme sa carte joker : hey, mais toi tu as tes règles hein ! entraînant les rires de tous les autres garçons.

En moi, dans mon cœur, j’accueille… j’accueille ces souffrances de femmes que je partage avec pleins d’autres.

En moi, dans mon corps, j’envoie de l’amour à ces parties de moi-même en souffrance.

Nous parlons de plus en plus de féminin sacré ! J’en suis ravie ! Et en même temps, comment pouvons nous accueillir le féminin sacré si nous ne prenons pas le temps d’aller guérir en nous, les femmes blessées ?

Je sais, je sens que l’époque où le féminin était piétinée et torturée se termine et qu’une grande époque de renouveau du féminin va venir éclairer notre planète afin d’accompagner l’émergence d’un masculin plus mature, différent, ouvert, sincère et conscient…

Je le souhaite… tellement !

C’est déjà la.

Aurélie